|
|
|
AU
TEMPS
DE LA PREHISTOIRE.
Des hommes ont-ils vécu, il y a très longtemps à
Tilly? la réponse est oui, avec certitude, bien sûr.
On ne trouvera pas de preuves écrites, mais les habitants
de cette époque ont laissé sur la terre et dans le
sol, des traces de leur passage et de leurs activités, sous
la forme d'outils et d'armes dont on a pu retrouver des exemplaires.
Au
départ, il ne faut pas se représenter le paysage tel
que nous le voyons actuellement. La forêt était plus
vaste et la Meuse bien plus large. Cette dernière recevait
les eaux de la Moselle près de Toul et roulait des morceaux
de quartzites qu'elle a déposés plus tard en se retirant
et que nous retrouvons sous forme de galets généralement
bruns qu'on découvre sur la rive Ouest, jusqu'au pied des
côtes. C'est jusque là que s'étalait le fleuve.
...
La
Meuse s'étant retirée, c'est sur ces lieux de dépôts
que nous allons retrouver les traces de nos ancêtres. L'endroit
était propice pour l'installation d'êtres humains :
La forêt fournissait les fruits sauvages et le bois. Elle
abritait des animaux qui pouvaient procurer la chair pour la nourriture
et les peaux pour l'habillement. La rivière donnait le poisson
et servait à se déplacer, il n'y avait pas de chemins,
tout juste quelques sentiers, le plus souvent frayés par
des animaux.
Mais
ce n'est pas tout de suite que les gens vont se fixer. Les plus
anciens outils sont rares sur le territoire. Ce qui tendrait à
montrer que Tilly était plutôt un lieu de passage.
Les êtres humains de l'époque suivaient souvent les
troupeaux pour assurer leur subsistance. Le plus vieil outil est
une pointe de tayac, taillée à grands éclats
dans un galet de quartzite (environ 130 000 ans avant JC). Quelques
outils paléolithiques, dont plusieurs ''moustériens''
nous ramènent à environ 40 000 ans. C'est bien peu
.
...
Entre
5000 et 10 000 avant notre ère, la quantité très
importante d'outils retrouvés, (environ 700), nous incite
à penser que les hommes de cette époque ont vécu
sur place, s'y sont installés. Ce qui confirme cette hypothèse
est que, si les premiers vestiges sont parsemés ça
et là sur le territoire, les derniers sont répartis
en trois zones, que l'on a coutume d'appeler ''stations''.
La
première partie de cette époque dite ''Néolithique''
nous donne des outils de silex taillé qui sont déjà
très différenciés suivant l'usage que l'on
veut en faire. Les utilisateurs avaient ainsi à leur disposition
des grattoirs, des racloirs, des perçoirs avec lesquels ils
pouvaient travailler les peaux et le bois, des haches taillées
dont on a pu retrouver un exemplaire à Tilly) pour abattre
et façonner les arbres, des pointes de flèches, des
lances et des javelots pour la chasse. Ces derniers outils ont peut-être
été utilisés pour la défense de leur
lieu de stationnement. Une autre série d'outils jalonne la
fin de cette période: on arrive à l'ère de
la pierre polie. Une dizaine d'éclats de hache témoignent
de la nouvelle technique : la hache était d'abord taillée
puis la grande surface usée par frottement, donnant ainsi
des tranchants de grande qualité. A la même époque
apparaissent les pointes de flèches, (une quarantaine ont
été trouvées), leurs formes sont variables
: triangulaires, losangiques, ovales, la plupart avaient un pédoncule
qui facilitait l'emmanchement. Dès lors la chasse devenait
plus facile. ...
La vie pénible, quoique plus stable de ces habitants, ne
leur faisait pas méconnaître d'autres valeurs : ils
avaient certaines croyances et si aucun vestige n'a encore été
découvert à Tilly, les menhirs des Paroches, de Milly
devant Dun, du Barrois en sont une preuve évidente. Des gravures,
des peintures trouvées en d'autres régions montrent
que l'art ne leur était pas étranger. Une certaine
coquetterie ne leur faisait pas défaut, témoin cette
perle de collier en pierre polie, trouvée à Tilly.
Il est émouvant, quand on ramasse un outil de pierre, de
penser qu'on est peut-être le premier, après dix, quinze
siècles, parfois plus, à le toucher. On pense alors
à l'homme qui l'a amoureusement confectionné, prenant
soin de ne pas l'égarer. Une hache évoque le travail
effectué: abattage des arbres, construction de la cabane
et on pense à la petite famille réunie autour du feu
central, Une pointe de flèche fait songer à l'attente
pour surprendre le gibier. Chaque trouvaille fait courir notre imagination
et nous rapproche de ces hommes que l'on disait, avec un peu de
dédain ''habillés de peaux de bêtes''. ...
Source
: Monsieur Guy GRAMDPIERRE
|
|
|